Débat d’orientation budgétaire
Conseil municipal d’Issy les Moulineaux
jeudi 11 décembre 2008

Intervention de Lysiane Alezard

 

Les orientations budgétaires dont nous débattons aujourd’hui se situent dans une situation bien différente de l’année dernière, celle d’une crise mondiale sans précédent. Il me semble essentielle de ne pas minorer ce contexte car les conséquences de cette crise restent encore incalculables mais les économistes s’accordent à penser qu’elle va durer.

L’impact de la crise se fait déjà sentir sur tous les plans pour ce qui concerne la France- économique, social, financier. Elle affecte aussi déjà lourdement les collectivités territoriales. Bien sûr, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il s’agit d’un phénomène passager lié uniquement à la crise américaine des subprimes, en quelque sorte un petit défaut du système capitaliste qu’il faudrait juste « moraliser ».

Depuis plusieurs années, la financiarisation à l’extrême des échanges, la toute puissance des marchés, sans contrôle politique, l’absence de maîtrise publique et citoyenne des décisions et des choix économiques, le dogme absolu des 3% de déficit imposé par l’Union européenne… tout ceci décrit bien la logique du système capitaliste… qui met les populations dans la plus grande précarité.

Mais cette crise ne saurait expliquer à elle seule l’étranglement des collectivités locales, puisque le gouvernement les avait appelées à se serrer la ceinture. Rappelons pourtant que les collectivités représentent à elles seules 70% de l’investissement national. Or comment le gouvernement aide-t-il les collectivités à répondre aux besoins croissants des populations ? En martelant sur tous les tons : « économies » ! En diminuant la plupart des dotations, en remettant en cause le fonds de compensation de la TVA, en visant une baisse scandaleuse de la DSU, heureusement stoppée par un tollé très large des élus, en mettant les bouchées doubles sur la RGPP qui s’apparente à une régression des politiques publiques.

Les dotations et subventions de l’Etat aux collectivités ne sont plus que les dépenses pour celui-ci !

Curieusement, le gouvernement a su trouver 360 milliards pour renflouer les banques et leur permettre de replonger dans le cycle de la financiarisation au détriment de l’investissement productif, mais pour les besoins élémentaires des citoyens, pour l’emploi, pour soutenir le dynamisme local, il n’y a pas 1 centime !

Comment apprécier, dès lors, les propositions budgétaires qui concernent notre commune ?

Les entreprises, notamment les sièges de grandes sociétés, y occupent une place prépondérante, avec un poids important de la taxe professionnelle, un secteur tertiaire de communication dominant. Le tableau sur le nombre de salariés par entreprise m’inspire 2 remarques :
- La Poste est le 2ème employeur de la ville – n’y a-t-il pas urgence à soutenir le mouvement de fond contre le changement de statut de cette entreprise toujours envisagé par le rapport Ailleret (il sera remis le 15 décembre au Pdt de la République), pour une modernisation au profit des usagers et des personnels ?
- France Telecom reste le 1er employeur : pouvez-vous nous apporter des informations sur les perspectives de maintien et de développement de cette entreprise, depuis votre rencontre avec le DG de FTR&D en juillet dernier. Cette entreprise reste déterminante pour l’avenir de notre commune !

Toujours sur l’emploi, pourriez-vous nous indiquer, sur les 5 dernières années, comment se composent les emplois arrivés sur la commune : part d’emplois réellement créés, part d’Isséens concernés ?

Concernant la stratégie financière de la municipalité, vous prônez une plus grande efficacité et une meilleure qualité pour les services publics. Mais avec quel développement quand vous vous inscrivez, et pour cause, dans la RGPP et que vous soutenez la reconduction du contrat de l’eau avec Veolia pour l’Ile de France ? Avec quelle crédibilité quand, dans le même temps, vous confirmez l’externalisation des ressources humaines et poursuivez la fuite en avant dans la privatisation des crèches ? Dans ces conditions, comment répondre aux besoins croissants d’habitants en difficultés, et ils sont nombreux dans notre commune ?

Vous estimez que « Issy ne devrait pas être soumise à de trop grandes tensions dans sa gestion », malgré la crise financière. Dans le même temps, la presse dans sa grande diversité fait état de l’impact déjà perceptible de la crise sur le secteur de l’immobilier. Une proposition : ne pourrait-on pas créer un groupe de travail pluraliste et incluant élus, représentants du BTP, associations de locataires, syndicats pour faire une étude prospective sur l’impact pour Issy les Moulineaux de la récession dans l’immobilier ? Je le propose d’autant plus que vous prévoyez de grands projets d’aménagement pour la commune.

Enfin, vous indiquez en fin de document qu’aucun nouveau transfert de compétence ne semble à l’ordre du jour en 2009 pour Arc de Seine. Pourquoi ne pas mettre en débat de façon publique qu’Arc de Seine va considérablement s’étendre et poser les questions de coopérations entre communes de façon totalement nouvelle ?




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